C’est à l’occasion de la sortie de leur premier EP que j’ai pu rencontrer les membres du groupe Bel Plaine. Morgan, Antoine, Ancelin, Cédric et Alexis.
Oui, Bel Plaine et non pas Belle Plaine. « On avait envie que notre nom ne sonne pas tout à fait Français, mais pas complètement Anglais non plus. »
Bel Plaine, un nom qui interpelle, qui traduit bien cette idée d’immensité, de plénitude et c’est ce qui ressort à l’écoute de ce premier EP.
Installés au Pop-In rue Amelot, je retrouve donc une joyeuse bande de potes tous prêt à discuter, avec passion et entrain, de musique, la leur, celles des autres, leurs motivations et attentes suite à la sortie de Present, l’apport d’internet à la musique en général, la situation de groupe aujourd’hui.
Bel Plaine, une jeune formation qui donne l’impression de se connaitre depuis toujours, cinq têtes, deux voix et une véritable identité. Aux premières notes de leur EP on devine une certaine nostalgie, une mélancolie colorée.
Premières phrases échangées et on aborde l’humeur du jour.
Mélange d’excitation, de stress, de soulagement, de nostalgie et furieuse envie de défendre les titres sur scène. « Present c’est la concrétisation de deux ans d’existence, deux ans de travail réduit à 25 min de pur produit »
Un premier EP donc, intégralement autoproduit et enregistré dans le Lot pendant trois semaines en Août dernier. Une session aux accents de grands rendez-vous entres copains. Un grand moment de partage. « Bel Plaine ce n’est pas que 5 musiciens, mais c’est tout un groupe d’amis qui nous apportent l’inspiration, des idées de compo, des avis plus ou moins aboutis sur nos titres, des conseils musicaux. »
Cette session nous a également permis de tourner le clip de Summer Ends. On s’est finalement rendu compte qu’une vidéo prise par Ancelin lors d’une fête de village près de notre « ferme-studio » collait parfaitement avec la chanson, le sens des paroles et l’univers du groupe. Une bonne session de montage et le clip était prêt. » DIY
Complètement auto-produit, ce premier EP a bénéficié d’un mastering de choix, effectué par Joe Laporta (The Lodge Mastering Studio, New York) dont je vous laisse découvrir les références. L’autoproduction associé au net, est-ce le seul moyen d’exister en tant qu’indépendant aujourd’hui ? Le constat est simple.
« Aujourd’hui il suffit d’uploader une vidéo sur Youtube pour que ton groupe puisse être connu dans le Larzac comme aux Etats-Unis. Avant on se faisait tourner des cassettes, aujourd’hui si tu n’as pas une vidéo sur Youtube ou une tracks sur Soundcloud c’est compliqué d’attirer des gens aux concerts et de leur exposer ton univers. »
Mais Internet ça n'est pas seulement sa propre auto-promotion. « Ça nous sert aussi à découvrir des petits groupes super intéressant, qu’ils soient en Finlande ou même à Paris. Sans Internet on ne connaîtrait pas la moitié de ce que nous écoutons actuellement. »
La reconnaissance ok, mais comment faire pour concrétiser cette vitrine et faire vivre un groupe ?
« Tout d’abord faire le maximum de dates possible, faire découvrir notre univers à un maximum de personnes et surtout faire vivre et évoluer notre musique. Nous travaillons sans cesse à renouveler nos morceaux. –pour preuve le titre Walter Castillo a déjà connu 3 versions -ndlr- il était nécessaire de le faire évoluer pour qu’il colle au maximum à l’ambiance général de l’EP. On attend la sortie d’un remix de Summer Ends par des Suédois nommé Digalaux, qui devrait sortir dans les prochaines semaines. C’est aussi ce genre de collaboration qui nous permet de s’exporter, de découvrir de nouvelles orientations musicales et de nous faire réfléchir. »
« Ensuite on a la chance d’avoir du temps perso pour se voir, répéter, ne rien faire et s’embêter. Et c’est aussi dans ces moments-là que nous créons, quand tu t’emmerdes tu prends ta guitare, tu grattes 2-3 notes, tu trouves que ça sonne et tu creuses. Peu importe si ça a déjà été entendu, si tu trouves que ça ressemble à un morceau que tu as écouté il y a 3 semaines, de toute façon, tout se ressemble.»
Bel Plaine, une belle rencontre, des musiciens bien dans leurs têtes, conscient de la difficulté du métier mais animés d’une vraie volonté de vivre de la scène et de partager leur musique. Le partage, c’est l’idée essentielle qui est ressortie de cette rencontre. Partager ses expériences, ses découvertes et influences, c’est ce qui nourrit la création et construit l’identité.
Je leur souhaite donc longue vie et vous conseille fortement l’écoute de l’EP et la découverte sur scène de cette belle formation.
Les prochaines dates :
Le 19/02 à l’International
Le 21/02 au Point Ephémère
Le 09/03 à La Belleviloise
Plus d’info sur le site www.belplaine.com
Martin Suard
Rédacteur pour Criticize Me









1 commentaire:
je suis tombé dessus en lisant votre article. C'est pas mal, même si on sent que ça va encore progresser ! Bonne continuation à eux dans tous les cas ! et merci pour vos interviews qui sont de plus en plus peaufinées et nombreuses !
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