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Comment expliquer une succes-story à la Justin Bieber ?

8 févr. 2013


Enfant surdoué de la pop et star adulé des ados pré-pubères, ce réel produit marketing qu'est Justin Bieber n'a pas fini, année après année, de surprendre.

La raison ? Il est présent partout, se débrouille comme un chef pour être de tous les événements et fidélise ses fans grâce à une stratégie des plus rodées et millimétrées. 

Vous voulez devenir le nouveau Justin Bieber ? Alors il y a certaines choses à respecter…

Comme beaucoup d'autres enfants stars, Bieber a bénéficié très tôt d'un capital sympathie du grand public, lié à l'innocence dont on jouit en étant si jeune et en possédant la voix fluette unique dont l'on dispose à l'âge où les voitures de marques représentent bien plus  que les décolletés des filles. Ce succès qui n'aurait pu durer qu'un temps, celui de la pré-adolescence, se verra prolonger grâce à des stratégies bien élaborées et un talent exploité au maximum par Bieber et par son entourage.

En 2007, soit deux ans après le lancement grand public de Youtube, la mère de Justin, ayant récemment fait parler d'elle pour ses positions anti-avortement, a posté une vidéo de son jeune fils, exposant ainsi au monde entier ses prouesses techniques et sa voix si particulière. Dès lors, le succès pouvait commencer. Internet a évidemment joué un grand rôle dans le succès que l'on connait, et continue aujourd'hui d'être son meilleur remède à d'éventuelles chutes de notoriété. Usher, rappeur et producteur de renom, passant par là, offre un casting à Bieber et mettra un point d'amorce à sa -déjà longue- carrière. 

Pas toujours à l'aise sur les plateaux télévisés et lors des interviews dites professionnelles et dont il faut s'acquitter pour continuer d'être au sommet, Justin l'est beaucoup plus sur son smartphone. Conscient qu'il doit énormément à Internet, il l'utilise quotidiennement pour être proche des fans, donner des nouvelles, communiquer avec eux, leur faire sentir toute la proximité qui existe entre ces personnes lambdas et la star internationale. Son compte Twitter, avoisinant les 35 millions de followers est constamment actif. Dès qu'il sort de concert, Bieber ne se repose pas, il continue la fête avec ses amis virtuels, avec ses spectateurs. Celui qui n'a pas pu dépenser les cent euros d'une place de concert ne se sent pas ainsi totalement lésé, il survit et continue de croire en son idôle, avec l'infime espoir qu'un jour, lui aussi, pourra se rendre à l'un des ses sensationnels shows.

Comme toute star mais avant tout comme humain, Bieber n'est pas infaillible. Il lui arrive de gaffer, de prouver aux caméras du monde entier qu'il n'est qu'un ado, au mieux un jeune adulte, que la culture n'est pas toujours son fort comme le prouve son intervention sur le plateau du Late Show de David Letterman, mais là encore, Il s'en sort par de formidables pirouettes. En pratiquant l'autodérision, en se moquant de lui-même il répond de la plus belle des façons à ses détracteurs, souvent jaloux de son étonnant succès. Des disques à la pelle, un film autobiographique à 18 ans à peine, des centaines d'articles écrits chaque jour dans le monde entier son "talent" est pleinement exploité et continu de l'être quotidiennement.

Intelligent, incroyablement rusé et sûrement bien conseillé, l'artiste n'a pas hésité à créer un faux compte Twitter, se passant pour un hacker ayant volé des vidéos et photos personelles de l'artiste lui-même et menaçant ce dernier de tout dévoiler sur la toile. La cohue des fans voulant protéger leur poulain était en réalité un moyen efficace de promouvoir la sortie d'un nouveau clip. Les fans s'apercevant de la supercherie et fâchés d'avoir été malgré eux acteurs de cette mascarade lui en ont voulu, avant de se rabibocher très rapidement et de visionner plus de 20 millions de fois en quelques jours le fameux clip dont Justin Bieber assurait la promotion. Coup de poker, et bluff gagnant.

Grâce à cette stratégie de communication intense et sans réelles failles, Bieber est devenu l'idole d'une génération. Celui dont on prend exemple, celui qu'on rêve d'égaler et qui ne nous laisse jamais de marbre. Qu'on l'aime, qu'on l'apprécie ou qu'on le déteste, on ne peut nier son aura et les répercussions de son talent  et de son succès sur nos jeunes adolescents d'aujourd'hui. Mèche dans le vent, doudoune gonflable sur le dos, à crapoter sa première clope à quelques mètres à peine du collège où il se rend tous les jours, le fan de Bieber adopte ce profil métrosexuel qui semble lui correspondre pleinement. Adieu l'indifférence de la mode au moment d'arpenter les cours de récréations, désormais, le style que l'on adopte compte pleinement pour les fans de Justin. Celui qui passera à coté sera rapidement catalogué, durement, d'has-been.

Nouveaux venus dans le paysage audiovisuel et médiatique :  les One Direction (comprenez ici Justin Bieber en 5 personnages différents). Plutôt que de devenir un obstacle au succès de Bieber, ces derniers ont assuré une fidélisation encore plus grande des fans de l'artiste. Désormais soit on aime les deux, soit on prend parti pour l'un ou pour l'autre et on se livre pleinement à une guerre de fans dont Twitter est, semble-t-il, devenu le terrain officiel. Dans les deux cas, Justin Bieber fait parler de lui. 

Son documentaire intitulé Never say Never a rapporté la modique somme de 73 091 910 dollars sur le seul sol américain contre 72 091 966 pour le célèbre This is it de Mickael Jackson. Autre point commun entre les deux idoles : ce manque d'enfance normale. A deux époques différentes donc, et malgré des moyens de communications radicalement distincts -et d'un point de vue purement personnel, un talent nettement éloigné- les deux stars ont connu un parcours similaire. Si on enterre Justin Bieber a 50 ans, il est fort à parier que ce dernier rejoindra l'île secrète où réside encore Monroe, Elvis et Mickael, selon l'hallucination collective des fans un peu trop possédés.

Désormais, vous voulez à tout prix devenir le nouveau Justin Bieber ? Un conseil, ne faites rien comme lui. Faites autre chose, quelque chose de nouveau, d'inédit, qui ne copie pas pâlement ce qui a déjà été fait et qui ne ressemblerait qu'à un vulgaire plagiat. Bieber a lancé un mouvement, c'est ce qui fait sa force, et aujourd'hui, lui-même le sait pertinemment. Internet, Youtube, Twitter, quoiqu'on en dise, il fut l'un des pionniers et nous ne pourrons jamais le lui enlever.


Benjamin Bousquet
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me





1 commentaire:

ça fait deux ans que je suis fan, pour autant je ne me considère pas groupie, comme ceux que vous décrivait !!

Ju

by. Anonyme

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