Des adolescentes fauchées sur l'autoroute, un accident de car terrible tuant plus d'une vingtaine d'enfants belges, une tuerie sanglante de militaires à Montauban, un footballeur victime d'un malaise dans un match, laissant une image qui fait froid dans le dos à des millions de téléspectateurs... Dur dur de se concentrer uniquement sur la vie politique tant tous ces événements ont alimenté une semaine très morose.

Le malaise de Fabrice Muamba est l'un des événements marquants de ce week-end tant il a bouleversé des milliers de fanatiques du ballon rond. Une ribambelle de témoignages sont parvenus sur le réseau Twitter et les supporters présents dans le stade ont oublié le soutien inébranlable de leur équipe le temps d'un hommage et d'une ovation pour le joueur. Un sentiment qui, dans la douleur de l’événement, fait plaisir à voir. Un sentiment d'ailleurs déjà observable avec l'annonce du cas Abidal qui devra subir une greffe du foie et sera éloigné des terrains un bon moment. Peut-être devrait-on s'interroger aussi sur le quotidien de ces sportifs et en tirer certaines conclusions.
Ces actualités bouleversantes et proches de nous géographiquement parlant, ne doivent pas nous faire oublier la situation oppressante que continue de connaitre la Syrie.
Décès d’Hafez el-Assad, de l’espoir à l’isolation.

Il y a 12 ans de cela, Bachar el-Assad succédait à son père Hafez el-Assad, symbole d’une politique interne répressive et d’un pays victime de la corruption et des soutiens étroits qu’elle entretenait avec des partis politiques islamistes controversés tel que le Hezbollah ou le Hamas. Pour l’anecdote, Jacques Chirac fut le seul chef d’Etat occidental à se rendre à ses funérailles. En 2000, Bachar el-Assas, médecin de formation et âgé de 34 ans, prend les rênes de la Syrie pour le meilleur et pour le pire… En effet, plein de bonne volonté, il ouvre la Syrie à l’économie de marché et en 2001 les banques privées sont autorisées. Il veut également combattre la corruption mais les résistances à l’intérieur du régime sont trop fortes et les arrestations d’opposants reprennent. En 2004, les Etats-Unis condamnent et sanctionnent la Syrie pour ses liens étroits avec le terrorisme symbolisé par le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. En 2005, les troupes Syriennes sont contraintes de quitter le Liban après la mort de l’ex-premier ministre libanais Rafiq Hariri à la suite d’un attentat-suicide où les services de renseignement syriens sont tout de suite pointés du doigt.
Un 14 juillet, symbole d’une Syrie occidentalisée.
Après ces heures sombres d’isolation, le Liban fait appel à la Syrie en 2008 pour mettre fin à la crise libanaise. Dans le même temps Bachar el-Assad soutient le projet de Nicolas Sarkozy d’Union pour la Méditerranée, où sa dépollution et son trafic commercial y sont abordés. C’est l’une raison de la présence, cette même année, du chef d’Etat syrien au défilé du 14 Juillet. La situation syrienne semble se stabiliser et l’ouverture vers le monde occidental en bonne voie.
Février 2011, la révolte avant le bain de sang.

Malgré l’apaisement de façade, tout ne semble pas fonctionner en Syrie et le printemps arabe sera l’occasion pour la population syrienne d’exprimer son mécontentement. Ainsi ces derniers veulent plus de liberté et une sérieuse révision du sens « droits de l’Hommes ». La population souhaite une vraie démocratie et surfent sur les révolutions tunisiennes, égyptiennes et libyennes pour demander le départ de leur dirigeant. S’en suit une vague de répression sans précèdent qui choquera le monde entier. En effet, ces vagues de protestations font suite à un régime répressif qui emprisonne tout opposant politique ou intellectuel au régime en place. L’époque de la famille el-Assad semble révolue et c’est tout un peuple qui se mobilise. Seulement Bahar el-Assad va peu à peu déraper et s’enfoncer dans sa politique de répression jusqu’à en venir aux armes contre son propre peuple. A partir de là, le bain de sang va commencer, les attentats, les bombardements et fusillades vont se multiplier et le bilan finit par tomber… Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, plus de 9 000 personnes ont été tuées en un an de révolte, dont 6 645 civils, 1 997 militaires et 471 rebelles. Récemment Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que la répression contre les opposants est « presque certainement un crime contre l’humanité ». Et oui comment appeler autrement ce bain de sang ? Ce combat, entre les militaires et les opposants au régime, semble bien parti pour continuer et des rumeurs de réarmement des opposants en provenance d’Arabie Saoudite confirme cette idée. Du côté de l’ONU, malgré le blocus de la Chine et de la Russie contre toute intervention en Syrie, au motif de la prudence, les Etats-Unis planchent sur une intervention militaire là-bas. Obama a dit : « Je ne suis pas contre toutes les guerres ; je suis seulement contre les guerres idiotes »… Cette guerre n’aura rien d’une idiotie donc vous pouvez y aller Barack Obama !