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Voyage au cœur du pays de Poutine



La Russie, pays de la vodka et des chapkas… Pays le plus vaste de la planète où l’on compte 143 millions d’habitants… Pour résumer la Russie c’est 31 fois la superficie de la France et le meilleur ennemi des Etats-Unis.
Au-delà du communisme, de la guerre froide ou de Poutine, la Russie c’est avant tout un pays très riche culturellement et aux ressources minières et énergétiques très importantes. Pour découvrir le pays de Lénine, du Kremlin ou encore du grand froid, je vais coécrire cet article avec Alicia qui a passé une semaine à Moscou au cœur d’un lycée militaire. Elle nous racontera son expérience, son ressenti et ce qu’elle a découvert là-bas. 

Medvedev dans l'ombre de Poutine

Cette semaine en Russie était placée sous le signe de l’amitié franco-russe. Les caméras de l’1tv, première chaîne russe, étaient présentes tout au long de la semaine pour relater le récit de ces jeunes français qui découvrent la Russie. Après une arrivée et un accueil traditionnel où il fallait tremper un morceau de brioche dans du sel, les étudiants français furent accueillis au lycée militaire de Moscou, Souvorov :
« Au-delà des infrastructures bien plus somptueuses qu’en France, je retiendrai un accueil chaleureux de la part des élèves mais surtout un encadrement militaire plus présent et plus stricte. Par exemple, les filles dormaient dans des dortoirs surveillés par une militaire qui ne bougeait pas de son poste. On ressentait une discipline militaire très stricte et droite qu’on ne connaissait pas en France. Tout le monde marche au pas et en groupe. » 

Après la phase de présentation, les étudiants français ont eu le droit à une réunion très solennelle où la paix et les futures relations franco-russes furent évoquées :
« Il fallait tout d’abord présenter la France et le lycée militaire de St Cyr, pris comme exemple par les lycées militaires russes, puis on a abordé le sens du mot paix et nous avons tenté d’expliquer comment nous comptions améliorer les relations entre nos pays dans le futur. D’ailleurs tout au long de la semaine il a été question des relations entre la France et la Russie. »
Mais lors de cette semaine, ces étudiants ont eu surtout la chance de visiter Moscou et sa richesse culturelle. Voici un petit tour d’horizon de ces monuments russes avec Alicia :
  • La place Rouge :

La place Rouge.

« Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mot rouge n’est pas utilisé pour décrire le communisme, mais pour évoquer la beauté de la place car les russes aiment beaucoup cette couleur. Cette place est le symbole du centre de Moscou. »
Il faut savoir que la place Rouge était au départ occupé par les faubourgs de la forteresse du Kremlin et à la suite d'un incendie en 1493, c’est devenu un lieu de commerce.
« C’est vite devenu, tout au long de l’histoire, le rendez-vous de manifestations ou de couronnement des tsars. J’ai été très impressionné par le système de sécurité mise en place autour de cette place. »
On retiendra que le 27 mai 1987, le pilote allemand Mathias Rust a fait l’exploit de contourner la défense aérienne russe avant d’atterrir en plein milieu de la place Rouge avec son Cessna 172. Un geste, en pleine guerre froide, qui entrera dans l’histoire de ce conflit.

  • Le Kremlin de Moscou :

Kremlin

Certains le verront comme une grande forteresse, symbole de la force russe, et d’autres comme un palais où tout est magique.
« C’est une sorte de grand palais typiquement russe, très coloré, qui fait limite faux. On se croirait un peu à Disney en fait. Historiquement, les tsars, les dirigeants de l’URSS et enfin les président russes actuels se sont succédés dans ce palais entouré d’une énorme forteresse. Pour y rentrer il a fallu passer par différents contrôles, on avait l’impression d’être à l’aéroport ! »
Tous les grands dirigeants politiques russes ont vécu au Kremlin et même Napoléon 1er en Septembre et Octobre 1812 y siégea alors que ses troupes occupaient Moscou. Enfin, au-delà d’être un monument historique, le Kremlin est aussi le lieu abritant les sépultures de 47 tsars. 

  • Monastère orthodoxe :

Le monastère Sergei Possad


La Russie, c’est également un pays où la religion revient au cœur de la vie des russes. Ainsi la religion orthodoxe, prédominante au sein du pays, est symbolisée par de grands monastères. Alicia nous raconte sa visite d’un d'entre eux, le Monastère Sergei Possad, qui est une ville russe située à 71 km de Moscou :
« On a pu visiter toutes les églises qui étaient dans la ville, ainsi qu'un musée et on a pu manger une soupe traditionnelle dans le monastère qui se composait de pleins de légumes dans de l’eau. » 

« Avec toutes ces visites culturelles, nous n’avons pas eu le temps de côtoyer la pauvreté. Nous avons vu les bons côtés de la ville même si dans la rue, on pouvait avoir un aperçu de l’inexistence d’une classe moyenne. Autrement dit, on pouvait voir des très riches ou des très pauvres. »
En effet, sur les six premiers mois de 2011 on comptait, selon l’agence russe de statistiques Roosstat, 21.1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Cela équivaut à 15% de la population et il faut savoir que le seuil de pauvreté russe est fixé à 150.5 euros par mois alors qu’en France il est de 954 euros par mois.
« De plus le coût de la vie là-bas est aussi élevé qu’en France ! (sauf pour les cigarettes.) »
Parallèlement à cette hausse de la pauvreté qui ne cesse d’augmenter, le nombre de milliardaires russes lui aussi s’accroît d’années en années. Avec une inflation qui atteint presque 8%, le gouvernement ne semble pas inquiet de voir les riches s’enrichir et les pauvres s’appauvrir. 

St Pétersbourg et la Russie sans classe moyenne.

« Le dernier soir, les russes nous ont offert un spectacle formidable avec un bal près du Kremlin diffusé en direct sur la TV russe, où robes sublimes et costars étaient de sortie. »
Pour finir Alicia aborde l’image des français auprès de ces jeunes russes :
« Les français sont bien appréciés là-bas. Néanmoins, les russes ont une culture de la France assez approximative et ils sont très curieux de découvrir notre pays. Pour eux, la France doit tout à napoléon, symbole de la force française. »
« D’un point de vu éducatif, le système est très différent de la France, ce sont les élèves qui font les cours sous l’encadrement de leur professeur et cela rend leurs études très interactives avec beaucoup d’exposés. Cela concernait ce lycée militaire, je ne sais pas comment cela se passe dans les autres lycées. »

On l’aura compris, la Russie est un pays magnifique, aux richesses culturelles sublimes et où les palais colorés vous plongent en plein milieu d’un Walt Disney. Mais la Russie c’est aussi un pays à la pauvreté grandissante, où la mafia contrôle les rennes du pays et dirigée par Vladimir Poutine, ancien membre du KGB (service de renseignement russe), qui impose sa dictature, caché en ce moment derrière Medvedev (président en place), depuis 1999. La Russie c’est aussi des chantages politiques avec ses pays voisins autour des richesses minière et énergétiques qu’ils possèdent. Dans l’actualité, la Russie avec la Chine ont mis leur veto à l’ONU contre toute intervention en Syrie où les massacres ne cessent. Alors la Russie peut-elle trouver un nouveau souffle ? Sans Poutine, sans mafia et avec une classe moyenne… Oui ! 



Antoine Deiana
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me
 & Alicia. D 



Sources: http://www.pays-monde.fr http://a403.idata.over-blog.com http://share.awp.advences.com http://www.alliancegeostrategique.org http://geopopo.visoterra.com

Césars VS Oscars : Qui gagne ?



Sacré Jean Dujardin ! Prononcer des mots si vulgaires devant des millions d'auditeurs en guise de remerciement, cela paraît déplacé ! Pour autant, on y comprend tout l'aspect familier et amusant qu'il s'en dégage. Nous étions évidemment heureux pour lui ainsi que pour toute l'équipe de The Artist, à l'issue de cette cérémonie. Fier de notre cinéma, fier de notre patrimoine. D'autant plus heureux d'ailleurs, qu'aujourd'hui rares sont les occasions de présenter au monde entier nos qualités et nos savoir-faire. Tout était parfait lors de cette cérémonie, pour assister à la consécration du film muet. Tout, car avec l'expérience acquise ces quatre-vingt dernières années, les organisateurs des Oscars savent y faire. Le show à l'Américaine, les séquences émotions, un présentateur survolté et amusant qui prépare ses interventions et à qui on donnerait volontiers un Oscar d'honneur. Bref, une compilation de succès qui fait de cet événement cinématographique l'un des événements les plus suivis de la planète.


Mais alors, pourquoi son homologue français ne connaît-il pas ce succès ? Qu'en est-il de notre cérémonie des Césars ? Cet événement est souvent remis en question. A juste titre ? Explications...

Critères / Cérémonie
Oscars
Césars
Le lieu
Bienvenue à Los Angeles : Ses paillettes, ses stars, ses films célèbres depuis la première heure.
La France a Cannes, l'Italie a Venise... Hollywood, lui, appartient au monde. Dès lors, l'événement prend une place prépondérante à travers les médias internationaux. Malgré la montée du cinéma indépendant, Hollywood reste la valeur incontournable du 7ème art. Après son Oscar, Marion Cotillard l'a d'ailleurs bien compris.
Indépendamment du fait que la salle est belle, le Châtelet ça en jette moins.
Beaucoup de stars internationales, même invitées, ne prendront pas la peine de faire le déplacement.
Alors on a instauré le César d'honneur, de façon a attirer davantage les acteurs venus d'Outre-Atlantique. Ça a marché sur Kate Winslet après tout !
Les gagnants
Gagner c'est aussi savoir rester concis aux États-Unis. Une limite de temps pour remercier ses partenaires, son réalisateur & co... est imposée. Dès lors tout s’enchaîne, tout est fluide, et rien ne tombe dans l'ennui profond.
En France, on pourrait s'exclamer de joie à l'idée que la liberté d'expression des gagnants est respectée. Ceci étant dit,  on se lasse vite des discours interminables de stars françaises qui remercient tout le monde.
La préparation
Le show à l'Américaine : si l'on devait donner une définition ce serait celle là : Faire croire que tout ce qui arrive reste naturel et bon enfant alors que tout est préparé longtemps à l'avance. Les sketchs sont préparés, l'humour est au rendez vous et tout s’enchaîne naturellement sans échecs notables. Bref, la cérémonie est plaisante à voir.
Loin de moi l'idée de critiquer Antoine de Caunes qui essaye, tant bien que mal, de porter au plus haut la cérémonie des Césars, mais force est de constater que tout ne s’enchaîne pas aussi magiquement que son homologue américaine. Problème d'équipe ? Manque de préparation ? Pas de Billy Crystal sous la main ?
Qui plus est, il n'est pas rare de voir des animateurs s'inspirer des précédents animateurs des Oscars. Peu de personnalité en soi.
La légitimité
L'Académie des arts et des sciences du cinéma, qui votent pour les gagnants réunit 5.777 professionnels, sortis de tous les corps du cinéma (de l'acteur au maquilleur en passant par le monteur)
L'Académie des arts et techniques du cinéma qui gère les Césars, elle ne comprend que  3.900 professionnels, dans des catégories beaucoup plus précises et réductrices.


Ceci étant dit, rien n'empêche de constater des grosses similitudes entre les deux cérémonies. Et souvent, ce ne sont pas des critères synonymes de gloire.


La polémique : Certains artistes dérapent. Quelques fois l'égo sur-dimensionné de certains artistes poussent ces derniers à dire des choses absurdes dénouées de bon sens et mettant mal à l'aise l'ensemble de l'assemblée. Dernière en date : Mathilde Seigner qui a manifesté publiquement son mécontentement à l'idée que Michel Blanc puisse obtenir le prix du meilleur second rôle à l'instar de JoeyStarr. Espérons que cette insulte directe et publique suffise à ce qu'on ne voit plus Mathilde Seigner présente dans ce genre de cérémonies. Ce cas est similaire à Kanye West lorsque ce dernier avait humilié la jeune Taylor Swift aux MTV Music Awards.


Le choix des nominés :
Même si on peut également lui reprocher un égo mal contrôlé, Matthieu kassovitz n'a pas tort sur toute la ligne. Certains films d'auteurs qui ne comptent pas dans leur casting des stars très reconnues, sont la plupart du temps zappés. Quelques fois même, les Césars récompensent des films qui ne connaissent pas une grande ferveur du public. Certains estiment que l'avis des spectateurs compte tout autant qu'un avis de professionnel. Aux Etats-Unis, certains acteurs et films ont été boudés par les Oscars. Léonardo Di Caprio n'a ainsi jamais été nominé dans une catégorie. Dernièrement, les films Drive et Shame ont également été boudés, malgré le soutien considérable du public.

* Sources photos : http://www.sudouest.fr http://cdn-premiere.ladmedia.fr http://www.voici.fr



Benjamin Bousquet
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me
 

La politique néglige le reste

A tous ceux qui souhaitaient aborder une campagne présidentielle prônant le dialogue et le débat constructif, il ne fallait pas allumer son téléviseur cette semaine. Jeudi soir, nous avons assisté à un réel numéro de spectacle entre Jean Luc Mélenchon et Marine le Pen. Cette dernière, sûrement frustrée de la décision du conseil constitutionnel sur les parrainages, a piqué une colère suite à la présence du candidat gauchiste sur le plateau de France 2, et a refusé tout dialogue. Intéressant à analyser pour la fille de celui qui s'offusquait en 2002 qu'on puisse lui refuser un débat entre les deux tours de la présidentielle. A coup sur, les générations futures prendront un malin plaisir à revisionner cette mémorable séquence dans les archives de l'ENA, tant l'aspect pathétique illustre bien la situation politique actuelle, régnante dans notre pays.



Plus récemment, c'est Henri Guaino qui s'est illustré de la sorte en s'emportant contre Jérôme Guedj, président socialiste du conseil général de l'Essonne. Preuve que la tension créée par l'enjeu d'une présidentielle semble prendre le dessus dans ces semaines décisives. Preuve aussi qu'on ne prend plus tellement le temps de préparer ces interventions et qu'on s'expose ainsi à des risques comme ceux précédemment évoqués. Des crises de nerfs, des simagrées, des coups de gueules...Tant de choses qui peuvent opposer un candidat à toute une partie de l’électorat.

Allumez donc vos télés, écoutez vos radios, lisez vos journaux. Vous aborderez ainsi la politique uniquement à travers ces aboiements et ces piaillements des candidats, rarement à travers leurs idées. Les plus philosophes d'entre nous diront que tout cela prend fin dans moins de trois mois. Certes, mais il s'agit de l'avenir que l'on veut donner à notre pays. Difficile donc de choisir parmi cette ribambelle de candidats tant leurs programmes sont délaissés au profit de face à face alléchants sur les plateaux télévisés. Les journalistes en jouent et les médias s'en frottent les mains. Le public, lui, est lassé.




Il est difficile d'imaginer un peuple fâché avec la politique alors que nous vivons dans une démocratie où les droits des citoyens sont choses acquises. Cela devrait, au contraire, être une chance supplémentaire d'avoir différents partis politiques aux idées diverses prétextant tous vouloir protéger les citoyens. Pourtant, cela fait l'effet inverse. Qui n'a jamais éteins son téléviseur, lassé d'entendre l’actualité politique en boucle ? Qui ne s'est jamais étonné qu'on néglige certains conflits internationaux ou certaines situations dramatiques de pays plus faibles, démocratiquement parlant, que le notre, au profit de l'actualité politique, par moment très laconique ?

Avec toutes ces questions politiques il est même difficile d'écrire un article retraçant l'actualité globale de la semaine : Certains sujets sont en effet oubliés au profit d'informations quelques fois inutiles et sans réels fonds.

*Sources photos : http://photo.parismatch.com http://www.francetv.fr



Antoine Deiana
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Benjamin Bousquet

 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me
 

La politique américaine pour les nuls - 3/3


Les élections française passées, place à son équivalente américaine. Pour s’y intéresser, je me suis penché sur la politique américaine en général. Il s’agit là d’une enquête construite en trois parties : La première partie sera sur le Sénat et la Chambre des Représentant, la deuxième sur l’organisation politique des états et sur certaines spécificités politiques locales. Et enfin la dernière sur les présidents.

 


I- POTUS est dans un bateau

POTUS quel drôle de nom (bon ça veut tout simplement dire Président of the United States)! Autant dire que c’est un job à plein temps. Au début, les prérogatives du président étaient  peu définies, et tout le monde bossait la main dans la main afin de créer les USA. Puis au fur et à mesure, notamment avec l’aide de la Cour Suprême dans l’interprétation de la constitution, son domaine d’action s’est élargi pour aboutir à la situation actuelle.

Tout d’abord le président est le chef de la diplomatie et des armées. Sur son ordre, un déploiement de troupe et la réquisition des gardes d’états (avec accord des gouverneurs en cas d’intervention dans un autre pays) est mis en route. Mais pour que le pays parte en guerre il faut un vote solennel du Congrès. Il a le pouvoir de nommer son cabinet (l’équivalent des ministres et le vice président), mais pour chacun, il faut une confirmation à la majorité du Sénat.

De même pour les juges de la cour suprême. En résumé, chacun des trois organes a le pouvoir de s’opposer aux autres:
  • Le président peut mettre un veto sur une loi du congrès, mais le congrès peut contourner le veto par une majorité des 2/3.
  • La cour suprême peut rendre une loi inconstitutionnelle, mais le congrès a le pouvoir de voter une loi pour contrer une décision de justice rendue par la cour suprême.
  • De même, le congrès peut destituer le président.

Bref tout le monde contrôle tout le monde, donc en théorie la dictature est difficile à mettre en place dans ce pays (faut dire que les anglais les avaient un peu traumatisés…).

Le président règne sur une armée de plusieurs millions de fonctionnaires fédéraux qui vont des services de santé à la très secrète NSA. Il a le pouvoir de virer et de nommer les hauts fonctionnaires. Ce qui fait que lorsqu’un changement de président a lieu, le nouveau place souvent des hommes de son camp aux postes importants. Ceci est facilité par la façon dont les américains considèrent le passage du public au privé (et vice-versa) comme parfaitement normal (alors qu’en France on crierait au vendu). Le président négocie les congrès que signent les USA mais sa signature n’est valable qu’après un vote de confirmation du Congrès. Comme notre président il dispose d’un droit de grâce.

Le président représente donc le pouvoir exécutif et théoriquement ne dispose d’aucun pouvoir législatif mais dans la pratique, la majorité des projets de lois votés au congrès viennent des initiatives de la maison blanche. Néanmoins, dans ce pays il existe une vraie culture du compromis entre les partis afin de trouver des solutions pour obtenir des majorités lors des votes, notamment au Sénat. En effet, même si dans la constitution la majorité simple est requise, une règle pourrie les débats depuis quelques années:
  • Les grands projets de lois ont besoin de 60 votes (sur 100) au sénat pour passer. Or la majorité est à 51. Ce qui fait que l’obstruction parlementaire est énorme. Ça a été beaucoup utilisé par les Républicains ces deux dernières années.
  • Mais le président dispose aussi d’un droit de Veto sur les lois. Bill Clinton a utilisé ce droit pour contrer les budgets proposés par les républicains après leur victoire aux élections de midterm en 1994. Mais le congrès peut contrer ce veto par une majorité des 2/3.

Le président, bien qu’il dispose d’une administration obéissante et d’importants pouvoirs, ne décide pas tout seul et le travail avec le législatif est primordial. Par exemple, Georges W. Bush n’aurait pas pu déclarer la deuxième guerre d’Irak sans un vote du congrès, donc il n’est pas le seul responsable. Mais comme dans toutes les démocraties, le chef est le responsable principal, donc le premier à être accusé et exposé quand quelque chose ne va pas.

II – Comment on devient président?

C’est loin d’être évident, mais ça peut se faire... Voilà le guide: 
  • Tout d’abord il faut appartenir à un des deux grands partis politiques aux USA: les républicains d'une part et les démocrates d'autre part.

Toutefois être indépendant peut servir pour être trouble fête. Ainsi, Ross Pero qui s’est présenté en 1992 contre Bush et Clinton a favorisé la victoire de Clinton en attirant plus de voix républicaines que démocrates. Mais bon les autres candidatures sont plutôt négligeables. Les élections ont lieu tous les 4 ans (toujours le premier mardi de novembre, vu qu’il y a toujours une succession de prévue en cas de mort/démission/révocation du président un mandat doit toujours être complet).
Au-delà du parti auquel on appartient, il faut également avoir une carrière politique derrière soit. Pas forcément longue mais avec des postes à très haute responsabilité. Le poste à pourvoir et qui permet statistiquement de gagner le plus, est celui de gouverneur (Reagan, W. Bush, Clinton..). Obama est d’ailleurs le premier sénateur depuis Kennedy en 1960 à avoir été élu à la maison blanche.
  • Il faut aussi être américain.
  • Etre né sur le sol des Etats-Unis.
  • Avoir plus de 35 ans.
  • Résider aux USA depuis plus de 14 ans.
  • Ne pas avoir déjà fait 2 mandats de président.
  • Il est aussi recommandé d’être chrétien pratiquant, de n’avoir fait aucune erreur de jeunesse (ou alors de dire que ses erreurs vous ont permis de trouver Dieu comme l’a fait Bush junior), et d’avoir un charisme à toute épreuve.
  • Puis vous vous déclarez candidat et là il faut plusieurs choses:
  • Mener une campagne de près de deux ans (primaires + élection).
  • Trouver beaucoup d’argent (la campagne de 2008, juste pour les présidentielles, a coûté plus de 1 milliard de dollars).

Les primaires sont organisés par chaque parti dans chaque état. Selon l’état, le vainqueur remporte une partie ou la totalité des délégués de l’état qui iront voter aux conventions nationales des partis fin août début septembre. De manière général on sait qui sera le candidat nominé avant la convention, mais il arrive que les primaires soient très disputées jusqu’à la fin (Clinton-Obama en 2008), voire parfois qu’aucun candidat n’ait la majorité des voix au début de la convention. Alors là autant vous dire qu’on se croirait dans un match de catch.  Les primaires s’étendent de janvier à juillet de l’année de la présidentielle. Habituellement les président demandent toujours un deuxième mandat et subissent peu de concurrence pendant les primaires de leur parti. Toutes les élections ont des primaires en fait aux USA, donc ça vote beaucoup!

Imaginons une seconde que vous avez gagné cette primaire. Vous devez choisir un ticket! C’est à dire une personnalité qui sera sur le ticket présidentiel pour devenir votre vice-président. Pendant un certain temps (jusqu’au début du XXème siècle), les délégués votaient aussi pour choisir leur candidat à la vice-présidence. Mais maintenant le candidat choisi son ticket lui même. Le but est de tenir compte d’un certain équilibre entre les deux grandes portions de l’électorat: conservateur et libéral. Ainsi Obama, jeune sénateur réformateur, a choisi Joe Biden vieux sénateur connaissant par cœur le congrès, alors que John Mc Cain, vieux sénateur plutôt modéré a pris Sarah Palin.

Donc vous menez une campagne où dormir est impossible. Chaque geste, parole est décortiqué et vous êtes sous pression constante. Et arrive le jour du vote ! Seulement, le problème c’est que l’élection du président ne se fait pas au suffrage universel direct! Dans chaque état le vainqueur voit désigné des grands électeurs (qui définissent le collège électoral). Le but est de gagner suffisamment de grands électeurs pour que le vote du collège électoral soit acquis (le vote solennel a lieu en décembre et le vainqueur est annoncé officiellement par le vice-président en charge, même si on sait déjà qui a gagné). Donc le truc c’est que l’on peut gagner le collège sans avoir la majorité des votes! C’est déjà arrivé…

Voilà vous êtes président c’est gagné!

III – Quelques trucs à savoir…

Alors le président il a bien de la chance parce qu’il a un gros avion rien que pour lui (en fait il en a même deux), une super limousine, un super hélicoptère et une super équipe de protection qui n’a pas perdu de président depuis 47 ans !

Il vit dans une maison assez sympa où il bosse aussi d’ailleurs (où je vous déconseille d’aller vous balader sur la pelouse sans invitation, c’est un crime fédéral) et une petite maison sympa pour les week-ends…Et un président c’est payé 400 000$ par an. Aux USA on a le droit de connaître les salaires de tous les fonctionnaires (ça fonctionne avec les impôts, donc transparence totale), c’est facilement accessible sur internet (ici donner son salaire c’est tout à fait normal, rien à voir avec la France où le sujet est tabou).

Le président prête serment sur la Bible, mais ce n’est pas une obligation en fait, juste une tradition, contrairement à ce qu’on voit dans les films. Il prête serment de  sauvegarder, protéger et défendre la Constitution. Et pour ça, il a le droit d’utiliser l’arme nucléaire (un officier le suit toujours avec une valiser qui contient un bouton rouge pour lancer les bombes). D’après Tom Clancy et plein d’autres gens, il faut au moins une confirmation d’une personne sur une liste établie au début de la présidence qui sera choisie au hasard.

Georges W. Bush n’est pas le premier président à avoir eu un père président. En effet John Adams, deuxième président des USA fut le père de John Quincy Adams, 6éme président des USA.
Un président fit deux mandats mais pas d’affilée: Grover Cleveland. En effet il fut élu une première fois en 1884 mais perd en 1888. Comme Al Gore en 2000, il bénéficiait de la majorité du vote populaire mais pas de celle du collège électorale. Il fut ensuite réélu en 1892, puis battu durant les primaires de son parti (démocrate) en 1896.

Jusqu’en 1947 aucune limite du nombre de mandat n’existait.  Mais tous les présidents, à l’exception de Franklin Roosevelt (à ne pas confondre avec Théodore Roosevelt, président au début du XXème siècle qui est un de ses lointains cousins), ont respecté le vœu de Georges Washington que les présidents ne fassent que deux mandats au maximum. Lyndon Johnson aurait pu être président sur plus de 2 mandats. En effet, après avoir prêté serment pour remplacer Kennedy à sa mort en 1963, il fut élu une première fois président en 1964. Mais il ne se représenta pas en 1968 alors qu’il le pouvait (la limitation concerne le nombre d’élection).
La fonction de président ne peut pas être vide, c’est pour cela qu’il y a toujours une liste de successeurs au président et vice-président. Ainsi lorsqu’un président meurt ou est viré son successeur prête immédiatement serment après avoir démissionné de ses fonctions (comme en France, aux USA le président n’a pas le droit d’être autre chose que président). Lyndon Johnson avait donc prêté serment dans l’avion qui le ramenait en urgence à Washington avec Jackie Kennedy à ses côtés encore vêtu de ses habits tachés de sang.

Un seul président n’a jamais été élu: Gerald Ford. En 1972 Richard Nixon est réélu président avec Spiro Agnew comme vice-président. Mais suite à un scandale financier en 1973 Agnew démissionne. Ford est alors nommé vice-président et rapidement confirmé par le congrès. L’année suivante Nixon démissionne suite au scandale du Watergate, Ford devient donc président sans jamais avoir été élu. En 1976 il est battu par Carter et ne se représentera pas, distancé par la mouvance Reagan chez les républicains il a renoncé aux primaires de 1980.

Il existe une série diffusée, entre 2000 et 2007, qui montre le fonctionnement au quotidien de la maison blanche. The West Wing est une série magistrale, très réaliste (même si parfois un peu trop idéaliste) et en contient d’après les experts quasiment aucune erreur sur le fonctionnement des USA, de la maison blanche, du congrès etc… Lors de la saison 4, a lieu une élection présidentielle qui se situe en 2006. Celle-ci est terriblement semblables aux élections de 2008 aux USA de part les protagonistes, les thèmes abordés, le contexte national et international. Pour écrire les scénarios en 2004 et 2005, les auteurs ont interrogés plusieurs fois un nouveau sénateur qui commençait à se faire connaître sur la scène politique nationale. Son nom? Barack Obama, ou quand la réalité rejoint la fiction…

Merci d'avoir suivi notre page spéciale dédiée au fonctionnement politique américain, n'hésitez pas à partager ces articles et bonne fin de semaine!

La politique américaine pour les nuls - 2/3



Les élections française passées, place à son équivalente américaine. Pour s’y intéresser, je me suis penché sur la politique américaine en général. Il s’agit là d’une enquête construite en trois parties : La première partie sera sur le Sénat et la Chambre des Représentant, la deuxième sur l’organisation politique des états et sur certaines spécificités politiques locales. Et enfin la dernière sur les présidents.

 


Dans la constitution des USA, les 50 états doivent être des républiques et reconnaître comme obligatoires les lois, décisions de justice, ordres, décrets etc. qui sont émis par les 3 organes dirigeants (législatifs, judiciaires et l’exécutif) des USA. Mais aucune règle n’est fixée sur l’organisation que doivent avoir les états. Ce qui peut paraître étonnant, c’est que ce procédé s’applique partout à quelques détails près.

I – Organisation du pouvoir au sein d’un état
Chaque état possède lui aussi trois branches de pouvoir







L’exécutif

  • Un gouverneur est élu pour 4 ans.
  • Dans la plupart des cas, il y a une limitation à deux mandats (sauf dans le New Hampshire où le mandat dure 2 années sans limite de nombre de mandat).
  • Les pouvoirs du gouverneur sont similaires à ceux du président des USA, mais pour l’état.
  • Le gouverneur est le commandant en chef de la garde républicaine de l’état en question.
  • Il a le plus souvent un droit de veto sur les lois émises par le pouvoir législatif de l’état.

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Judiciaire

  • Chaque état possède une cour suprême.
















Législatif

Dans tous les états (sauf le Nebraska), la législature d’État est composée d’une chambre haute et d’une chambre basse.

Il est important de savoir que suite à deux arrêts de la cour suprême des USA (Reynold v. Sims et Baker v. Carr) :
  • La partie « Sénat » est élue en se basant sur la population, il y a donc des circonscriptions égales en population pour chaque sénateur.
  • Les sénateurs du Sénat des USA sont deux par état, quel que soit la population de l’état.

D’ailleurs le terme « Congrès » est réservé au Congrès des USA, localement on se sert d’autres noms.
  • Cette partie du pouvoir est très importante pour la vie du pays. En effet, à part faire les lois propres à l’état (code civil et code pénal pour l’état), la représentation locale a le pouvoir de valider ou non des amendements ou modification constitutionnelles qui sont votés aux Congrès.

C’est pourquoi il est très difficile de changer la constitution. Il faudrait :
  • Avoir mis le Sénat et la chambre d’accord (aux 2/3 des votes).
  • Avoir reçu la validation présidentielle.
  • Avoir parcouru le chemin juridique auprès de la cour suprême.
  • Que tout cela soit validé par des états dont les dirigeants sont souvent très différents.

Ce qui explique que certaines décisions comme l’avortement soient débattues devant la justice et pas devant le législatif.



II – Spécifications diverses

Dans certains états (comme la Californie), on peut virer le gouverneur si on réunit assez de signatures. On doit alors faire une nouvelle élection pour finir le mandat. C’est comme ça que Schwarzy fut élu. Dans ce cas il n’y pas de primaires.

Dans la plupart des états, on fait souvent voter des propositions de lois (ou des propositions pour abroger des lois). Pour cela il faut réunir un certain nombre de signatures pour que la proposition soit faite aux électeurs. Cette technique permet de faire changer certaines lois tous les deux ans, comme le mariage homosexuel en Californie.

En fait les américains votent uniquement tous les deux ans (sauf en cas d’élections partielles), un seul jour dans l’année mais ils votent pour un peu tout et n’importe quoi:
  • Le Congrès bien sûr.
  • La présidentielle tous les 4 ans.
  • Le gouverneur.
  • Le lieutenant général.
  • Plusieurs autres hauts fonctionnaires de leurs états.
  • Leurs législatures locales.
  • Leurs juges locaux.
  •  Leurs shérifs, maires, conseillers municipaux, élu de quartier, ect.

Bref, en gros ils ont un formulaire de vote qui comprend plusieurs dizaines de choses à remplir. Ça c’est de la démocratie complète. Un peu trop même, par exemple voter pour des juges qui n’est pas forcément la meilleur idée qu’ils aient eu.

Les villes et cantons peuvent avoir aussi leurs propres lois. En terme juridiques apparemment ce ne sont pas vraiment des lois mais plutôt des décrets d’applications votés par les instances dirigeantes locales. C’est comme ça qu’on se retrouve parfois à avoir des lois un brin étrange, mais le plus souvent celles que l’on vous envoie par mail du genre « dans une petite ville de l’Arkansas tu peux taper ta femme une fois par mois », ce n’est pas vrai.

Demain, on abordera la position du président des USA, un mec puissant certes, mais pas forcément autant qu’on le pense… A demain et merci de nous suivre !

La politique américaine pour les nuls - 1/3



Les élections française passées, place à son équivalente américaine. Pour s’y intéresser, je me suis penché sur la politique américaine en général. Il s’agit là d’une enquête construite en trois parties : La première partie sera sur le Sénat et la Chambre des Représentant, la deuxième sur l’organisation politique des états et sur certaines spécificités politiques locales. Et enfin la dernière sur les présidents.

















Introduction

E Pluribus Unum (De plusieurs, un) :

Cette devise est celle qui se trouve sur le Grand Sceau des États-Unis d’Amérique. À elle seule, elle symbolise la diversité américaine.

Là où tout a commencé :
Après avoir repoussé les anglais, Georges Washington et son entourage, se demandèrent comment créer un pays qui ne sombre pas rapidement dans la dictature, ou autre système où le fort opprime le faible et où la majorité tyrannise la minorité. Après pas mal de discussions, ils ont fini par adopter un système assez particulier doté de multiples contre-pouvoirs. Il fallait allier la représentativité du peuple avec le fait qu’il s’agissait de colonies qui souhaitaient garder une part égale d’indépendance. 
Il en résulta la formation de deux chambres : 
  • La chambre des représentants, dont les élus sont dispersés dans les états proportionnellement par rapport à leur population, avec un minimum d’un représentant par état.
  • Le Sénat, composé de deux sénateurs par état afin de donner une représentativité égale pour chaque état dans un des organes législatifs.

Les élections qui sont directes, à un seul tour, ont lieu tous les deux ans. Les deux chambres siègent au sein du Capitole à Washington. Plus haut monument de la ville.















Sénat

Ce qu’il faut savoir sur le Sénat aux Etats-Unis : 
  • Les Etats-Unis se composent de 100 sénateurs (qui contrairement à la France ne sont pas tous des centenaires), avec une plus forte proportion de femme qu’en France. 
  • Les sénateurs sont deux par états et sont élus tous les 6 ans. 
  • Le sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans et cette année par exemple, 34 sénateurs vont être renouvelés. 
  • Normalement un état ne peut pas élire ses deux sénateurs la même année. 
  • Tous les citoyens (majeurs et capables) peuvent évidemment voter dans leur état. 
  • Jusqu’en 1913 les sénateurs étaient élus par les parlements locaux. 
Le job de sénateurs est beaucoup plus considéré comme un job national, alors que celui de congressman est local. Si un Sénateur meurt ou démissionne durant son mandat, il lui faut un remplaçant immédiatement. Celui-ci est soit désigné par le gouverneur de l’état, ce qui peut donner lieu à de très gros scandales, soit une élection partielle est organisée. Mais le nouveau sénateur ne siégera que le temps de finir le mandat de son prédécesseur. En effet aux USA, les mandats sont indépendants des personnes. C’est pour ça qu’il existe une liste de plusieurs centaines de noms pour remplacer le Président des USA si celui-ci décède.

Aujourd’hui, les deux géants politiques que sont les républicains et les démocrates dominent le Sénat.
Pour se présenter le candidat doit: 
  • Gagner  les primaires de son camp. 
  • Réunir certaines conditions financières et parfois un nombre fixé de signatures des habitants de l’état (les conditions dépendent de chaque état). 
  • L’élection se joue en un seul tour, celui qui arrive en tête gagne. 
  • Pour se présenter il faut avoir au moins 30 ans, être américain depuis au moins 9 ans et bien sûr, résider dans l’état où l’on se présente.


Une fois élu, le sénateur va disposer : 
  • D’un pouvoir assez considérable. 
  • D’une équipe comprenant en moyenne 15 à 20 membres. 
  • D’un mandat plus long que celui du président des USA et renouvelable indéfiniment.

Le vice-Président des USA est également le Président du Sénat. Il a un droit de vote qu’il utilise lorsqu’aucune majorité ne se dégage lors d’un vote. Toutefois il existe un President pro Tempore leader de la majorité qui dirige le sénat durant les séances quotidiennes.













Chambre des représentants

  • Ils sont 435, élus pour deux ans. 
  • Le Speaker (président de la chambre) est la deuxième personne dans l’ordre de la succession du président après le vice-Président.

Le fait que les congresseman soient élus tous les deux ans, fait souvent dire aux commentateurs que ceux-ci bossent une année et font campagne l’année suivante. Ce n’est pas totalement faux mais il y a tout de même plusieurs choses à préciser: 
  • Chaque état reçoit un quota de congressman à élire. 
  •  L’état fixe les circonscriptions. Il est libre de le faire comme il veut. Donc au final entre 75 et 90% des élus sont à peu près sûr de se faire réélire à chaque coup. 
  • A part pour la Louisiane qui organise un vote à deux tours, tous les autres états élisent leurs représentants en un seul tour comme pour le sénat. 
  • Il faut avoir 25 ans et être américain depuis au moins 7 ans pour se présenter.


A la base, le but de la chambre était de faire contrepoids  au sénat dont les membres étaient nommés/élus par les représentations locales des états (et donc théoriquement moins adeptes de l’état fédéral). Mais dans les faits, ça a un peu varié. Les sénateurs sont plus des hommes politiques à l’échelle d’un pays alors que les représentants sont beaucoup plus impliqués sur le local.




































Une loi aux USA comment ça se passe ?

Tout d’abord : 
  • La loi fédérale est le top de la loi, donc au-dessus de celle des états.

Cependant : 
  • Souvent le congrès laisse beaucoup de marge à la charge des états concernant de nombreuses lois et projets de lois et domaines.

En contrepartie : 
  • Lorsqu’un état vote une loi, le congrès ne peut rien y faire. Le gouvernement, lui, peut porter plainte contre cette loi, et cela se termine généralement devant la cour suprême.


Comment fait-on une loi ? La citation de wikipedia est plutôt bien faite donc je vais la reprendre :
Une proposition de loi peut venir de l’une des deux chambres du Congrès des États-Unis. La proposition de loi est soumise à une commission puis à une sous-commission dans chacune des deux Chambres. Les commissions auditionnent alors différents témoins, c’est à ce niveau que les différents groupes de pressions interviennent officiellement. Ces séances sont généralement publiques.

Une fois les auditions terminées : 
  • Les commissions se réunissent généralement à huis clos pour définir le texte de la loi. 
  • La proposition de loi est ensuite présentée dans les deux Chambres pour y être votée. 
  • Le vote s’effectue à la majorité simple, seuls les membres présents peuvent voter. 
  • Pour que la loi soit adoptée, il faut qu’elle soit acceptée de manière identique dans chacune des deux Chambres. Si ce n’est pas le cas, la proposition de loi est soumise à une Commission mixte de conciliation. 
  • Les propositions de cette commission, ne peuvent être qu’acceptées ou rejetées par les Chambres. 
  • Une fois le texte accepté par les deux Chambres, il est soumis à l’approbation du Président des États-Unis. 
  • Une fois le texte signé, il devient officiellement une loi fédérale.


Il faut savoir que le président possède un pouvoir de veto, dans ce cas, selon le domaine de la loi, soit :
  • La loi retourne devant le congrès  si elle est revotée elle sera promulguée. Ce cas est rare car cela ne marche que pour les lois votées en congrès et pas séparément par les deux chambres. 
  • Il faut obtenir la majorité des deux tiers aux deux chambres, ce qui force le président à accepter la loi.


Habituellement le type de loi où il y a ce genre de problème est celle sur les budgets. Bill Clinton en son temps avait fait mettre au chômage technique tous les fonctionnaires du gouvernement car il ne parvenait pas à trouver un accord avec le congrès, dominé par les républicains.

La barre des deux tiers est très importante, elle permet en effet d’éviter un blocage des débats et des votes de la part de la minorité. En 2009-2010 Obama a eu beaucoup de mal avec cette disposition pour sa réforme de la santé :
  • En perdant deux élections partielles sur le sénat, les démocrates ont perdu la super majorité et donc les débats ont traîné et le contenu de la réforme a été diminué.
  • De plus, les parlementaires américains ont tendance à adorer placer des amendements et qui n’ont rien à voir et qui généralement engendre de très grosses polémiques sur les projets de loi ; histoire de changer le débat (et montrer à leurs électeur que les ennemis d’en face ne leur font pas peur).




Bref, la démocratie à l’échelle des USA c’est assez étonnant mais ça fonctionne pas trop mal depuis plus de 200 ans, c’est le plus vieux régime démocratique à l’heure actuelle…


2012, un grand cru?



Jacques Chirac a dit « La politique est une jungle », et que dire de plus après cette semaine où beaucoup de faibles n’ont pas survécu. Après Jean-Pierre Chevènement, c’est au tour de Christine Boutin et d’Hervé Morin de jeter l’éponge.  Des sondages au plus bas et des signatures qui n’arrivent pas, leur ont suffi pour arrêter le combat et pour rejoindre Nicolas sarkozy. Un choix qui peut paraître surprenant après les avoir entendu condamné le « lobbying » de l’UMP visant à pousser les maires à ne pas confier leurs précieuses signatures aux petits candidats. Néanmoins avec la montée en puissance de Marine Le Pen dans les sondages, les vieux démons de 2002 resurgissent et le vote utile est préconisé. L’argument est de taille, il ne serait donc pas étonnant de voir d’autres petits candidats se désister dans les semaines à venir.


Mais l’actualité, ou plutôt là non actualité de la semaine fut bien évidemment l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy à sa propre succession. On a l’impression d’être au courant de son envie de renouveler l’expérience présidentielle depuis 5 ans, et son annonce télévisée et officielle n'était une surprise pour personne. Je me demande bien à quoi s’attendait les gens, certains parlaient même de Juppé ou Copé en remplaçant de dernière minute alors qu’on sait tous qu’il n’est pas dans le style de Nicolas Sarkozy de « quitter son navire en pleine tempête ». Alors sur le plateau du journal télévisé de Laurence Ferrari, Nicolas Sarkozy est apparu en homme fort, déterminé et expérimenté, prêt à entrer dans la bataille. Pour l’opposition, Nicolas Sarkozy n’est plus crédible après un mandat raté, ponctué de promesses non tenues. Le pouvoir d’achat est, bien entendu, pointé du doigt, mais aussi l’échec de la baisse de la TVA dans la restauration, l’objectif zéro SDF ou encore concernant le chômage et le pouvoir d’achat. Nicolas Sarkozy a aussi tenu certains de ses engagements, tel que la réforme sur les retraites, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ou encore l’interdiction du voile intégrale dans l’espace public. Seulement, même sur ces points il est critiqué et son bilan risque d’être son talon d’Achille dans cette campagne présidentielle. En contrepartie l’UMP attaque François Hollande sur ses revirements de positions permanents qui rendent la lecture de ses engagements difficiles. Ainsi Nicolas Sarkozy aime rappeler qu’il est difficile d’aspirer à la présidence de la république lorsqu’on est Thatcher à Londres et Mitterand à Paris. Les deux hommes se rejoignent néanmoins sur un même combat, celui contre Marine Le Pen et cela est plutôt rassurant.


L’annonce de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012, a coïncidé avec un rapport sur la délinquance des étrangers par l’observatoire national de la délinquance qui fait suite à la déclaration de Claude Guéant en décembre dernier «  La délinquance étrangère est supérieure à la moyenne enregistrée dans notre pays et une étude de l’ONDRP quantifiera cela bientôt ». Ainsi l’étude révèle que la part des étrangers mis en cause pour les atteintes aux biens est passée de 12.8% à 17.3% entre 2006 et 2011. Selon cette étude toujours, le nombre de personnes à la nationalité roumaine a plus que doublé entre 2008 et 2010 et on note plus de 5000 interpellations par la police pour des faits de différentes natures. Des chiffres et une polémique qui relance le problème de l’immigration en France. A ce propos, l’immigration, voilà un axe de campagne très important de Nicolas Sarkozy qui voudra, tout comme en 2007, chercher à conquérir les 20% d’électeurs de Marine Le Pen. A noter également, par rapport à cette étude, qu’il est question d’atteintes aux biens et non à la personne car plus les faits sont graves et moins les étrangers sont mis en causes.  Espérons que cette étude ne sera pas utilisée par Marine Le Pen pour prouver qu’elle a raison en voulant stopper toute immigration en France.



En bref, cette semaine la condamnation de Jean-Marie Le Pen à 3 mois de prisons avec sursis et 10 000 euros d’amende par la Cour d’appel de Paris pour ses propos parus en janvier 2005 dans l’hebdomadaire d’extrême droite « Rivarol ». Il avait ainsi déclaré que l’occupation allemande en France, entre 1940 et 1945, n’avait pas été aussi inhumaine que ça malgré les « bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. » Le pire dans tout ça, c’est qu’il a fait appel de cette décision…
Christian Vanneste s’est aussi illustré cette semaine en déclarant : « En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels, et près de 30 000 déportés pour ce fait. Il n’y en a pas eu ailleurs et notamment en dehors des trois départements annexés (Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin). » « L’homosexualité était un refus de l’autre ». Vous l’aurez compris, au-delà des propos homophobes du député UMP du Nord, ce dernier a déclaré qu’il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France pendant la seconde guerre mondiale. Des propos intolérables et inacceptables  surtout venant d’un représentant politique. L’UMP a déjà réagi à ces propos, les condamnant et annonçant qu’ils présenteraient un candidat à la succession de Christian Vanneste.



Egalement cette semaine :
  • L’augmentation de salaire de 34% en 2010 des patrons du CAC40.
  • Le bain de sang qui continu en Syrie et qui ne semble toujours pas alarmer la Russie et la Chine toujours opposés à une intervention internationale sur place.
  • La Grèce qui continue de souffrir après l’annonce dimanche dernier du nouveau plan de rigueur qui prévoit la suppression de 15 000 emplois de la fonction public et le SMIC à 480 euros net par mois. (400 euros pour les jeunes).
  • Les relations entre Israël et l’Iran, déjà tendues par la menace nucléaire iranienne, qui ne cessent de se détériorer en ce moment après les attentats à la voiture piégée contre deux ambassades israéliennes, le premier en Géorgie et le second en Inde. Netanyahou, le premier ministre israélien, accuse clairement l’Iran de ces attentats après l’enquête des services de sécurités israéliens. 
Sources: http://media.rtl.fr http://photo.europe1.fr http://i.agoravox.fr http://www.podcastjournal.net


Antoine Deiana
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Benjamin Bousquet

 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Les Éditorialistes

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