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Les Creative Commons, au service de la créativité sur le Web !

19 déc. 2012



Il y a quelques jours les Creative Commons ont fêté leurs 10 ans. L’occasion pour moi de revenir sur cette organisation qui fait avancer la création sur le Web.

Creative Commons est donc une organisation à but non lucratif ayant pour but de faciliter la diffusion et le partage d’une œuvre tout en accompagnant les nouveaux usages de la création sur le numérique. 
En clair, ce sont des licences qui permettent aux créateurs de mettre leur œuvre, quel qu’elle soit, à disposition du public selon des conditions définies. Cela permet de pouvoir autoriser le public à effectuer certaines utilisations, comme la reproduction d’une œuvre ou sa réinterprétation par exemple, tout en réservant l’exploitation commerciale à l’auteur. Car oui, les Creative Commons ne substituent pas le droit d’auteur sur Internet, ce serait beaucoup plus simple sinon, mais vient compléter le droit applicable afin de donner une certaine souplesse sur l’exploitation par le public. Les différentes licences avec possibilité d’assemblage sont les suivantes : 

  • Paternité : Toutes les licences Creative Commons obligent ceux qui utilisent les œuvres à créditer l’auteur de la manière dont il le demande. 
  • Pas d’utilisation commerciale : Autorisation de reproduire, diffuser et modifier l’œuvre, pour toute utilisation autre que commerciale. 
  • Partage à l’identique : Autorisation de reproduire, diffuser et modifier l’œuvre, à condition que le public publie toute adaptation de l’œuvre sous les mêmes conditions que l’œuvre initiale. 
  • Pas de modification : Autorisation de reproduire et diffuser uniquement de l’œuvre original.

Quel est le but finalement de Creative Commons ?

Le but, c’est tout simplement d’encourager la diffusion des œuvres, les échanges entre internautes, et évidemment la créativité, tout cela de manière légale. Ainsi, les auteurs ayant à cœur d’enrichir le patrimoine culturel et qui souhaitent avant tout partager leur travail peuvent trouver en ces licences, un moyen de diffusion très puissant et soutenu par une communauté importante. Les œuvres crées peuvent être par la suite exploitées par d’autres et ainsi être reprises tout au long de leurs diffusion, un peu à la manière d’un meme si vous préférez… 

C’est pourquoi aujourd’hui, beaucoup de créateurs, comme des photographes par exemple, choisissent de placer leur travail sous une licence en Creative Commons, car sachant que la plupart des images figurant sur l’Internet peuvent être reprises par qui le souhaite, alors autant anticiper et permettre une plus grande diffusion tout en y attachant son nom… 


Quelques exemples de sites en CC.

Flickr, le site Web de partage de photos, propose d’uploader ses vidéos sous licences Creative Commons. Flickr est la plateforme idéale pour les photographes souhaitant placer leurs œuvres sous ce régime, au point même que les photos de Barack Obama sont en CC sur le site. Preuve indéniable de l’utilité de la chose… Le site Google Books propose lui aussi un régime en Creative Commons pour les auteurs. Youtube, évidemment, Vimeo, mais aussi et cela aussi particulier que cela puisse paraître, la banque mondiale. Vous le voyez, de nombreux sites que vous utilisez pratiquement tous les jours proposent des contenus passés sous ces licences afin de privilégier la création et le partage.

Une nouvelle façon de concevoir les droits d’auteurs ?

Oui et non. Car comme je l’ai dit précédemment, les Creative Commons ne remplacent pas les droits d’auteurs mais viennent seulement préciser les droits d’utilisation par le public. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a bien un problème à ce niveau là au point que certaines lois liberticides comme SOPA, veuillent voir le jour… Les Creative Commons c’est tout l’inverse. Par cette démarche, on souhaite avant tout sensibiliser et donner le choix. Et cela, certains organismes l’ont bien compris.

Dernièrement, c’est la SACEM, maison chargée de la collecte et de la redistribution des droits des auteurs de musique, qui a lancé un partenariat avec l’oragnisme. Cependant, avec seulement 450 œuvres déposées sous ce régime sur un total de 150 000 dépôts en un an, le chiffre paraît un peu marginal… Néanmoins, le directeur général de la SACEM souhaite soutenir ce mouvement, persuadé qu’il apporte un nouveau model de promotion intéressant. Mais quand à la façon de se rémunérer, l’organisme reste sur ces anciennes positions et ne conçoit pas encore de procéder autrement. Une évolution qui prendra du temps à se mettre en place mais qui n’est pas impossible. En 2004, le magazine Wired avait d’ailleurs inclus un CD avec des morceaux de Gilberto Gill et des Beastie Boys entre autres, entièrement en Creative Commons. 


Quel sera le futur de CC ?

Aujourd’hui ce réseau, c’est plus de 500 millions de contenus et cela dans des secteurs aussi différents que l’art, la politique, les médias, la science… C’est plus de 4 millions de vidéos sur Youtube. C’est un fond de 2 milliards d’euros levé en 2011 afin de créer des ressources éducatives. Bref, ce sont de grandes avancées en 10 ans qui ne peuvent que promettre un bon avenir au futur des Creative Commons. C’est un nouveau regard que l’on jette sur la propriété intellectuelle, qui fait résonnance à l’Open Data ou aux logiciels libres qui ont permis de faire tant avancer la technologie.

Pour conclure, je voudrais d’ailleurs vous inviter à vous rendre sur le site Owni.fr qui rencontre malheureusement en ce moment de lourds problèmes et qui est pourtant une source d’informations formidables sur les cultures numérique, et qui fonctionne entièrement en sous une licence CC. Un des rares sites médias français fonctionnant sous ce régime, et qui a mis en ligne une dataviz très documentée à l’occasion des 10 ans de Creative Commons afin d’en savoir un peu plus. Alors en cette période, n’oubliez pas que le partage est l’une des meilleures définitions que l’on pourrait faire de l’Internet, à condition bien sûr, que comme nous, il reste libre !

*Sources photos : http://cdnjsbeforeheader.insidedaweb.com





Martin Heron
Chroniqueur média pour Criticize Me






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