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Surpopulation carcérale : plus qu’un problème, une priorité !

22 juil. 2012


On comptait moins de 50 000 prisonniers en France en 2001 pour, à peu près, le même nombre de place disponible. En 2008, déjà, le nombre de détenus s’élevait à plus de 64 000 pour 50 610 places environ selon la garde des Sceaux de l’époque, Elisabeth Guigou.

Avec une densité record de 126%, la France attend encore les 13 000 places supplémentaires annoncées en 2002. Au 1er juillet 2012 on comptait 67 373 détenus pour un peu plus de 57 000 places disponibles. Des chiffres inacceptables tout comme les conditions de vie qu’ils engendrent. Car construire de nouvelles prisons ne suffira pas à résoudre les problèmes de viols, de dépressions, de suicides, de troubles mentaux et sexuels. La surveillance et le suivi des détenus sont trop souvent oubliés au dépend de la surpopulation carcérale. Néanmoins on en vient à une conclusion simple : Les prisons et les détenus français ne vont pas bien et doivent faire l’objet, au plus vite, d'un questionnement du nouveau gouvernement français.
Une surpopulation qui coïncide avec un climat morose.
Bizarrement, le boum du nombre de détenus coïncide avec un discours sécuritaire et virulent qui commença aux alentours de 2005/2006. A cette époque, Nicolas Sarkozy est ministre de l’intérieur et n’hésite pas à dénoncer la « racaille » qui plonge le pays dans la peur et l’insécurité. Un discours populiste qui plait aux français qui n’hésitent plus, pour quelques uns d'entre eux, à voir l’immigration et les « cités » comme une chose néfaste et contre-productrice pour la France. Dans ce même temps, la politique du ministre de l’intérieur consiste à « karchériser » les cités en multipliant les arrestations coup de poings et envoyant un message fort aux délinquants : La justice l’emportera.
Le résultat ne se fait attendre :   Surpopulation des prisons françaises, montées des violences, climats de peur et d’insécurité. Bref, un échec qui se ressent encore aujourd’hui et qui prouve l’inefficacité de cette méthode sur tous les points.

Par quoi commencer ?
Comme expliqué précédemment, la surpopulation carcérale n’est pas le seul maux dont souffrent nos prisons actuellement. Les conditions de vie des détenus doivent être prises en compte et en tout point : Prise en charge de l’entrée à la sortie de prison, surveillance accrue des détenus en cellules, douches et promenades, suivi psychologique régulier individualisé et réflexion en interne concernant la vie sexuelle des détenus qui sont actuellement interdits de toutes relations sexuelles sauf en cellule. Autrement dit, le chantier autour de la surpopulation et des conditions de vie carcérales doit devenir au plus vite une priorité du gouvernement. Si l’on veut prétendre vouloir réinsérer nos prisonniers dans la société il faut s’en donner les moyens et faire en sorte qu’ils soient aptes psychologiquement à reprendre une vie normale. La récidive est souvent mise en avant mais elle peut aussi s’expliquer par des conditions de vie non acceptables lors du séjour en prison.
Actualité : Autour de nous ça n’est pas mieux…
Début juillet, éclata une polémique au Maroc autour de la surpopulation de leurs prisons et d’une en particulier. En effet, la prison d’Oukacha à Casablanca fait l’objet d’indignation quant à sa capacité à accueillir ses 7 572 détenus. Cette prison dont le manque d’infrastructure de base est flagrant selon la commission parlementaire, peut accueillir jusqu’à 5 800 détenus nous indique le rapport de la Commission de la Justice marocaine. Autrement dit, chaque prisonnier a droit à une superficie de 1,2 mètre carré alors que les normes internationales exigent un minimum de 9 mètres carrés par détenu. De plus on note que dans certains cas, 56 prisonniers se partagent une superficie allant de 3 à 5 mètres carrés.
La surpopulation carcérale et les conditions de vie des prisonniers sont souvent des sujets délaissés par nos politiques et par l’opinion publique qui voient ici certainement qu'une punition méritée pour ces personnes qui restent, pourtant, des êtres humains.

*Sources photo : http://www.la-france-de-demain.fr

Antoine Deiana
Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

1 commentaire:

Vous vous répetez un peu dans l'article. On comprend bien qu'il s'agit là d'un gros problème de notre société mais on aurait aimé des solutions ou des idées, car ici nous n'apprenons pas grand chose hormis les chiffres.

by. Anonyme

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