Cette semaine, nous nous intéressons à un personnage très spécial. Que vous le vouliez ou non, vous l'avez déjà croisé. En format 4x3 sur les murs voûtés du métro, dans les journaux gratuits ou en exergue sur les bus, sa tête vous dit quelque chose. Pour la sortie de son dernier film, le géant Paramount Pictures a développé une promotion pharaonique uniquement pour ses beaux yeux!
Sa couverture médiatique, il ne la voit qu'à travers ses personnages toujours plus vrais que nature, ses déguisements provocants. Tellement provocants qu'il fait l'objet de nombreuses controverses. Je veux parler de Sacha Baron Cohen, un homme à la fois énigmatique, désinvolte et intrépide.
Très peu loquace sur sa vie privée, comprendre Sacha Baron Cohen n'est guère une sinécure. Ses grands écarts de comédien nous égarent, ses incarnations longues durées nous rendent crédules. "Se serait-il reconverti dans la mode? Serait-il devenu le tyran d'un petit pays situé au nord de l'Afrique?" On croirait presque à l'existence de ses personnages, ne sachant plus distinguer le vrai du faux, totalement désorienté. On peut exprimer une certaine fascination pour son art de la mise en scène, pour son talent de prestidigitateur. Les anecdotes ne manquent pas pour qualifier cet illusionniste.
Un peu à la manière de Peter Sellers, Sacha B. aime mettre en scène ses personnages, faire le show et cela bien au-delà de l'écran. Sur le tapis rouge des oscars, il s'est amusé à répandre d'une urne funéraire les fausses cendres de Kim Jong il, voulant lui rendre un hommage amical sous sa fausse tunique de dictateur!
Pendant la promotion de Brüno, il s'était permis des opérations de communication également très…culottées; devant la porte de Brandebourg en costume rose bonbon laissant ressortir ses exubérances physiques, à Madrid déguisé en taureau faisant des postures efféminées ou bien à Londres entrain d'imiter la garde royale en petite tenue de majorette. Vous l'avez compris, Sacha B. tourne en ridicule certains symboles forts.
Mais bon sang que fabriquent vraiment Brüno, Borat ou le Dictateur Aladeen?
Quand on y regarde d'un peu plus près, Sacha Baron Cohen n'est sûrement pas un trublion sans fond, totalement irraisonné. Pour ceux qui l'ignorent, il a quand même étudié l'Histoire à l'Université de Cambridge, deuxième plus grande institution anglophone du monde, après Oxford. Son mémoire avait pour titre "L'Alliance entre Juifs et Noirs, un cas d'erreur d'identités".
Par ses connaissances d'anthropologue, je lui accorde le crédit de ne pas être le joujou des producteurs américains, celui qui s'agite quand on lui demande. Je veux croire que toutes ses actions publiques sont réfléchies, chargées de plusieurs sens.
Pas toujours réceptif à son humour, toutes ses courbettes médiatisées ainsi que ses films sont peut-être porteurs d'un message moral. En se moquant de certaines valeurs historiques anciennes, est-ce que Sacha ne souhaite-t-il pas faire évoluer les mentalités? Ne joue-t-il pas la caricature des despotes obsédés par le pouvoir afin de mieux les désacraliser? Ne met-il pas en évidence, à travers Brüno, l'attitude discriminatoire qu'ont certains à l'égard de la communauté homosexuelle?
Mais Sacha va parfois trop loin et se fait avoir à son propre jeu. Utiliser les clichés qu'ont les occidentaux sur les pays de l'Est pour représenter le Kazakhstan comme un pays consanguin, bouseux et miséreux est plutôt condamnable. Après la sortie du film, certains acteurs locaux ont porté plainte pour discours mensonger sur l'intention réelle du film. Offusqué, le peuple kazakh a même le projet de reprendre le titre "Borat" pour montrer à la face du monde un pays productif et très riche culturellement.
En somme, Monsieur Cohen, je tiens à vous dire que la satire n'excuse pas tout. Le second degré enlève bien des épines du pied mais attention à ne pas tomber dans la bêtise.
*Sources photos : 20 minutes
Jeremy Dutac
Chroniqueur Ciné pour Criticize Me










4 commentaire:
"Rappeur, journaliste, homosexuel, dictateur, qui est vraiment Sacha Baron Cohen ?"
Quel est le rapport entre le fait d'être homosexuel et rappeur ; homosexuel et journaliste ou dictateur... Pour qualifier une personne, est ce que la sexualité de Sacha Baron Cohen ne lui appartient pas. Personnellement je m'en fous de trouver ça dans un article de presse web ? Ca fait un peu voyeur...
On comprend mieux le personnage!
Pour répondre au premier Anonyme, je suis d'accord qu'on ne peut pas associer une activité ou un métier à une attirance sexuelle. Ce n'est évidemment pas mon intention et connaître ses orientations ne m'intéressent pas.
Cependant, j'ai choisi de figurer le mot "homosexuel" dans mon titre en référence au film Brüno qui montre, par son lot de scènes obscènes, davantage une icône gay totalement lubrique qu'un reporter de la mode. Je pense que tout ceci est voulu pour attiser la réaction homophobe des américains.
La terre et ronde et un pd et un pd ou alors faut me faire un dessein.
Je rappelle que les Gays ont une chaine de télé, une culture,des représentent, une gay prid, un lobby:actup. C'est donc une communauté comme une autre. Je vois pas en quoi elle serai exempt de toute critique. L'article dénonce les gents qui se servent de leurs orientations sexuel comme d'un atout qualifiant dans leur profession d'artiste progressif et subversif. Y a rien de mal la dedans.
De plus être gay en occident, comme le démontre l'anonyme du 24 juin, c'est plutôt bien vu. Sinon il faut arrêter de sortir du placard.
Je vous laisse je vais me faire des toutous sous la douche avec un boxeur! Wandrille
Enregistrer un commentaire