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Décryptage du nouveau gouvernement.

20 mai 2012


Si on peut reprocher le manque de tact de François Hollande lors de la sortie de Nicolas Sarkozy de l’Elysée, il a su rester humble et professionnel malgré un temps des plus capricieux lorsqu’il s’agissait de saluer une foule venu en masse acclamer son nouveau président. Cette première journée d’exercice fut conclue par la nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon. Un nouveau premier ministre qui a donc du s’atteler à la composition du nouveau gouvernement. Ce dernier sera, très certainement, remanié dans un mois après le résultat des législatives mais il suscite déjà quelques polémiques lancées, principalement, par le nouveau parti de l’opposition : l’UMP. Des polémiques qui semblent tout de même justifiées à la vue de certaines incohérences.



La première tourne autour des femmes qui composent ce nouveau gouvernement. Personne n’a pu échapper à ce premier geste fort de François Hollande, qui a confirmé sa volonté de voir autant d’hommes que de femmes au sein du gouvernement. Au-delà de cette forme de discrimination positive qu’est la parité, il y a de l’hypocrisie dans cette décision lorsqu’on y regarde de plus près. En effet, en s’intéressant à la répartition des postes ministériels, on se rend vite compte que la confiance accordée aux femmes n’est qu’un leurre. La plupart des postes les plus importants sont confiés aux hommes et certains ministères semblent avoir été créés pour respecter le « quota » de femmes nécessaire à la parité. Ainsi, les femmes du nouveau gouvernement, bien qu’à la tête du ministère de la justice ou des affaires sociales, occupent généralement des ministères plus minimes comme le  logement, l’écologie, la recherche, le sport et surtout le ministère des droits des femmes. On imagine déjà la conversation entre François Hollande et Jean-marc Ayrault au moment de former le gouvernement :

Jean-Marc Ayrault : « Ahh François ! Quelle idée d’avoir voulu la parité… Je me retrouve bien à chercher où je vais caser ces femmes ! J’ai Fabius au Quai d’Orsay, Peillon à l’éducation, Moscovici à l’économie, Valls à l’intérieur, Montebourg au redressement productif pour la blague, Le Drian à la Défense et Sapin à l’emploi. Alors j’ai placé la plupart des femmes nécessaires à la parité mais il me manque Najat-Vallaud-Belkacem. Je ne sais pas où la mettre et je sais que tu tenais absolument la voir dans le nouveau gouvernement…

François Hollande : « Je sais Jean-Marc, mais la politique c’est aussi des accords et je ne vais pas commencer mon mandat par un mensonge ! Bon, on a juste à créer un nouveau ministère, qui ne demande pas forcément une trop grande expérience …»

J-M A : « Et que dirais-tu du ministère des droits des femmes ? »

F.H : « Oulà, tu crois que ça va passer une connerie pareil ? »

J-M A : « Ne t’inquiète pas, Nicolas Sarkozy avait bien réussi à faire passer le ministère de l’identité nationale alors bon… »

On ne sait pas trop comment le ministère des droits des femmes a pu exister mais lorsque l’on voit ce principe de la parité hypocrite et peu crédible, on ne s’étonne plus de rien. Une autre incohérence, plus politique cette fois, est à noter. Elle concerne le ministre des affaires étrangère, Laurent Fabius, et son ministre délégué, Bernard Cazeneuve, chargé des affaires européennes. Ainsi ces deux hommes, qui s’occuperont des affaires européennes notamment, ont un passé politique assez ambigu avec l’Europe. Il suffit de remonter sept ans en arrière, au moment du référendum sur la constitution européenne, où ces derniers avaient été fervents défenseurs du « non ».  Voilà quelques incohérences majeures du nouveau gouvernement Ayrault, qui devra prouver en peu de temps sa légitimité. Mais tout n’est pas incohérent et mauvais. Les personnes en place, pour la plupart, ont une certaine expérience. On notera aussi dans ce gouvernement un symbole assez fort et, malgré tout, peu relayé par les médias français : L’ouverture vers les personnes issues de l’immigration.



En effet, parmi ce gouvernement, une grande part des ministres sont d’origines étrangères. On peut notamment citer Aurélie Filippetti, un grand père italien, immigré travaillant dans les mines en Moselle. Najat Vallaud-Belkacem, marocaine ayant la double nationalité arrivée à l'âge de 4 ans dans la métropole. Pierre Moscovici, son père est un grand psychologue français d'origine roumaine. Marysol Touraine, double nationalité franco-chilienne, par sa mère. Ces exemples ne sont que quelques-uns parmi tant d'autres. La preuve aussi de l'une des grandes forces de la France. 
 La France, un pays qui, contrairement à ce que l'on raconte, offre un processus d'intégration et permet d'une manière ou d'une autre de devenir français et de poursuivre une carrière exceptionnelle. Au-delà de certaines incohérences et de postes à controverses, laissons le temps à ce nouveau gouvernement pour faire ses preuves. 
Evidemment, cela fait partie du jeu de voir la droite critiquer les actions du nouveau pouvoir en place, comme ce fut le cas pour la gauche il y a cinq ans. Néanmoins, il serait peut être bon, quelquefois, de prendre son mal en patience et de laisser une marge de manœuvre aux nouveaux dirigeants. Jean-François Copé a d'ores et déjà endossé le rôle du briseur de rêve. Fillon, le chouchou des élus UMP, a lui tout compris en restant discret en ce début de quinquennat. 

Après, nous verrons bien ce qu'il advient du pays !

* Sources: http://medias.buzzmoica.fr http://static.ladepeche.fr



Antoine Deiana
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Benjamin Bousquet

 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me


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