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Quand le rap incite à la violence

La misère et l'anarchie fait vendre. En tout cas c'est souvent ce que l'on constate à travers les textes des chanteurs qui connaissent un succès fulgurant. 

Il n'est pas étonnant de voir qu'un rappeur, par exemple, peut fustiger les forces de polices ou la politique à travers ses lignes soi-disant poétiques. L'artiste se sert quelques fois d'éléments vécus et dramatisant pour séduire son public à travers des rimes engagés et percutants, cependant il incite la plupart du temps à la haine, la violence et donc à l'anarchie. En réalité, les rappeurs font l’effet inverse de ce qu’ils souhaitent vraiment.

Dans sa chanson "sur le fil du rasoir" le chanteur Sinik s'auto-proclame rappeur anti-police et proclame une série de vers insultants envers les forces de l'ordres. En plus de gâcher son talent musical, il n'aide pas à améliorer la situation souvent précaire des banlieues dont il se proclame ambassadeur. Au contraire, il ne fait qu'accentuer le tiraillement qu'il subsiste entre les jeunes et le pouvoir exécutif.  Ce chanteur est un exemple parmi tant d’autres a exprimé ces sentiments aggressifs.

Si bien sur il existe un grand nombre de débordements de la part de la police ou de certains personnages médiatiques envers certaines minorités par exemple, nous pourrions considérer que les dénoncer à travers des chansons ne fait qu'alimenter le conflit entre forces de l'ordre et les jeunes venant, la plupart du temps des quartiers défavorisés.

Dès lors, le procédé qui consiste à aller sur un plateau télé, dénoncer la fébrilité des forces de polices et la difficulté des jeunes de banlieues est tronquée par cette incitation à la violence parfois exagérée à travers les vers de l'artiste. Et cette contradiction m'agace. Aujourd'hui, à mon sens, un artiste ne peut pas faire office de porte parole pour des jeunes des quartiers défavorisés en ayant pour seuls arguments des textes rancuniers, violent et très souvent amplifiés.

Plus récemment, le groupe parisien Sexion d'Assaut s'est illustré dans l'art de provoquer et ce même en dehors de leurs textes, en se proclament homophobes à 100%. Preuve en est que soit ces artistes sont mal entourés et mal conseillés en communications, soit l'art de provoquer est le seul moyen qu'ont ces derniers 

Certes les défenseurs de ces artistes et de ces tendances diront que sans ce contenu quelques fois violent, les textes de rap n'auraient plus la même saveur, et le même tempo. Ils diront que sans ces paroles brutales, les auditeurs ne se rendraient pas réellement compte des situations globales des quartiers défavorisés. Enfin, ils diront que c'est l'une des grandes forces de la liberté d'expression qui est mise ainsi en avant, à travers ces chansons. Et ils auront raison. Simplement, n'existe t-il pas d'autres moyens pour améliorer ces situations que celui d'avoir recours à la violence ? Les associations de quartier, les entreprises crées ou encore la volonté de certains jeunes à vouloir redorer leurs banlieues semblent indiquer que cela reste possible. 



Benjamin Bousquet
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Monde de merde.




Le lundi, c’est comme tous les lundis. C’est horrible. Mais cette semaine, tous les jours ressemblaient curieusement à un lundi.
C’est dans une chaleur étouffante que nous avons appris, sans surprise, la candidature de Martine Aubry.  La pluralité des candidats de gauche est quelques fois considérée comme une force et une chance pour l’électorat qui y voit un choix davantage représentatif. Pour autant, je ne peux m’empêcher de penser que cet effet me parait être, dans un même temps, un risque pouvant peser en défaveur du parti socialiste. Mon souvenir de  2007 avec Ségolène Royal qui était soutenue, soit disant, par tous les adversaires qu’elle avait battus lors des primaires socialistes, reste un souvenir assez savoureux. En effet on se rendait finalement compte que la plupart des « soutiens » souhaitaient sa défaite, en coulisse. On aura beau employer les termes de dictateur de parti, roi, président, ou même empereur pour désigner la situation de Nicolas Sarkozy au sein de l’UMP, il n’empêche que les risques d’une trop grosse division entre les membres du parti de droite sont bien moindres que ceux de leurs rivaux. L’électeur a aussi besoin d’avoir confiance en son parti. Dès lors, je m’interroge : Une élection présidentielle se joue en grande partie sur le populisme. Ce peuple, qui voit un même parti se diviser entre une multitude d’idées et de candidats ne peut être rassuré.

DSK

Comme si cette situation ne suffisait pas, voila que l’affaire DSK revient troubler la politique française. Et cette fois on apprend qu’il serait peut être plus innocent qu’on veut bien le penser et inversement pour cette chère Nafissatou. Alors je vous vois venir, vous qui nous suivez depuis le début (on ne peut que vous en remercier) et qui avez lu nos interventions sur cette affaire. Je vous vois venir avec vos « ah ! On change de discours maintenant que DSK serait peut être innocent ! »
Et bien non. Déjà parce que changer de discours n’est pas une habitude de la maison, et d’autre part car fondamentalement ça ne change rien. La vérité c’est que nous subissons tous une frustration sur cette affaire car il est à peu près certain que nous ne saurons jamais la vérité. Si cette femme a eu un passé sulfureux, cela ne veut pas forcément dire qu’elle n’a pas subit ces actes de violences pour autant. Si relation sexuelle il y a eu, cela ne veut pas forcément dire que DSK est coupable des monstruosités qui lui sont reprochés... Frustrant comme situation car elle a bouleversé le paysage médiatique français et a, par conséquent, fasciné tous les électeurs, qui souhaitent désormais connaître le fin mot de l’histoire.
Désormais, je me dis que si le procureur veut abandonner les poursuites contre DSK, estimant que le dossier de la plaignante est trop faible, cette dernière subira le sort médiatique qu’a subi DSK ces dernières semaines. Avec la différence de classe sociale et, il ne faut pas se le cacher, la différence de moyens financiers, cette femme ne pourra sûrement pas lutter seule contre l’ex directeur du FMI et sa pléthore d’avocats.

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquiere 

En marchant dans la rue, je ne pouvais m’empêcher d’écouter les ragots de bistrots qu’on entend sur cette histoire. On entend facilement tout et n’importe quoi. « Si DSK est innocenté, va-t-il revenir sur la scène politique, pour prendre sa revanche ? » Honnêtement, si cet homme est un tant soit peu humain, je pense qu’il est à mille lieux de penser à ça. Après, il ne faut pas oublier une chose fondamentale : Ces hommes, ces responsables politiques sont quelques parts inhumains, ils vivent dans un autre monde que le notre et nous ne sommes donc pas à l’abri d’un éventuel coup de théâtre, insoupçonné.
Un autre monde que le notre, oui c’est vraiment ça. Un monde où il est difficile de se rendre compte de la réelle situation des p’tits gens comme nous. Un monde où les excès d’ordre financiers, moraux et de pouvoir sont de plus en plus fréquents. Un monde où il est facile de condamner deux journalistes pour leurs prises de risques « insensées » mais où les responsables politiques reprennent un visage amical et populiste quand ces deux mêmes journalistes reviennent sur le sol français, et ce pour entretenir la belle image du politique, proche du peuple. Un monde qui n’assume pas toujours ses dires, ses paroles et ses actes. Quand notre monde rencontre cet autre monde, cela donne facilement des accrochages de veste, un peu violents, lors d’une amicale séance de serrages de main.

Bref, une semaine composée de beaucoup de lundis, beaucoup de jours où rester au fond de notre lit, n’aurait finalement peut-être pas été chose idiote.
Comment ? Qu’est-ce que vous dites ? J’ai oublié d’aborder la primaire des verts ? Ah oui je le regrette, mais la chaleur qui s’est étendue cette semaine sur l’hexagone, m’a empêché de me concentrer une fois de plus sur ces débats sans fond… Ah vraiment, foutu réchauffement ! 



Antoine Deiana
 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Benjamin Bousquet

 Co-fondateur, rédacteur & animateur pour Criticize Me

Les Éditorialistes

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