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Quand le journalisme devient Publicité 1/6

6 sept. 2011

"Quand le journalisme devient publicité"
L'art de communiquer sur une personne physique ou morale à travers des articles et enquêtes journalistiques. Une grande enquête en six parties.





Introduction

La collecte, le rassemblement d’informations, l’interprétation, toutes ces actions sont le fondement même du travail journalistique. La France connaît à l’heure actuelle un bourgeonnement dans le domaine du journalisme  par la pluralité des médias et  par les  formations existantes dans ces métiers. Aujourd’hui il y a plus de trente sept milles journalistes exerçant sur les différents médias en France.

Aujourd’hui, chacun de nous se doit de puiser dans les différents médias pour s’informer et comprendre les rouages du monde actuel. Chacun de nous devient également un journaliste à part entière avec l’expansion d’Internet et le développement de plates formes comme les blogs ou les sites. Ce phénomène pourrait même entraîner, aux yeux de certains, une diminution de la professionnalisation du métier de journaliste car désormais chacun peut se vanter de trouver l’information plus vite et plus efficacement que son voisin.

Si la question de la professionnalisation du journalisme se pose aujourd’hui c’est aussi du en grande partie à l’absence de   neutralité de certains journalistes sur différents thèmes ou articles transmis par ces derniers.  La pléthore d’émissions dites journalistes sert souvent de révélateur aux partis pris des uns et des autres et la tentation permanente des journalistes de couper la parole à leurs interviewés s’inscrit dans cette neutralité mal contrôlée. En effet, la prise de partie peut être l’une des faiblesses d’un bon journalisme ; et le lien entre la notion d’article, d’enquête et de thèse et la notion de publicité peut très vite être établi. Il convient de déterminer avant toute autre chose ce qu’est la notion de neutralité. Les dictionnaires sont alors un précieux recours pour définir de manière objective cette neutralité attendue ou du moins espérée des journalistes. Le dictionnaire Littré donne une définition rapide et  intéressante : « Caractère, attitude d'une personne, d'une organisation, qui s'abstient de prendre parti dans un débat, une discussion, un conflit opposant des personnes, des thèses ou des positions divergentes. ». Plus que cette définition, ce sont les restrictions apportées par ce même dictionnaire qui paraissent les plus intéressantes : on parle alors de neutralité absolue; rigoureuse, stricte neutralité; neutralité bienveillante. La déclinaison de ce terme introduit alors des nuances qui a priori ne devraient pas exister. Si la notion même de neutralité qui accompagne logiquement le travail et la restitution du journaliste est à ce point sujet à des tonalités différentes, il parait alors bien difficile de cantonner le journaliste dans le rôle d’un observateur et d’un restituteur détaché de son sujet d’observation. Cependant  même si cette notion première complique les choses il convient de se demander quelles sont les limites à ne pas franchir ou du moins les frontières épistémologiques à ne pas dépasser. En un mot, à  partir de quand peut-on dire qu’un article de journal ou une enquête journalistique devient une réelle publicité, assurant la promotion, en bien ou en mal, d’un individu, d’un organisme, ou même quelques fois d’une simple réalité parfois marchande ex journalistes qui deviennent des promoteurs de produits dans les téléachats tout en revendiquant une carte et un statut de journaliste ; un exemple bien connu renvoie au journaliste  Pierre Bellemare qui anime des émissions très connues racontant des histoires, mettant en scène des grands épisodes et des grands hommes pendant une cinquantaine d’année et qui termine en animant le club achat fondé et financé exclusivement sur la publicité. Cet exemple assez célèbre pourrait se décliner. Il est révélateur d’une confusion des genres qui nous intéresse particulièrement ici.

Cette question de la neutralité des journalistes ou du moins de leur absence de compromission avec leurs sujets est souvent évoquée notamment dans les blogs internet qui s’interrogent souvent la validité de la bonne information, ce qui prouve combien cette interrogation dans le paysage médiatique très bigarré et multimédias d’aujourd’hui intéresse et questionne: le livre d’Erik Neveu a lui aussi consacré quelques pages intéressantes à cette problématique. Nous utiliserons des exemples d’articles et même de journaux entiers qui aujourd’hui affirment un  parti pris, que ça soit dans le domaine politique, économique ou même culturel. La notion d’objectivité et d’impartialité des médias sera donc au cœur de cette enquête. Nous évaluerons les conséquences que peuvent entraîner un parti pris de la part des « informateurs » de ce monde.

La grande tentation serait de détruire le rendu journalistique mais attention, toutefois, il ne s’agit nullement de décrédibiliser le métier de journaliste mais plutôt en dessinant un tableau le plus nuancé possible des possibilités, des facilités et des dérives éventuelles de réfléchir à la nature réelle de ce métier. Le respect des hommes et des femmes qui l’exercent et pour certains parfois dans des conditions difficiles — les jours de détention en Afghanistan des journalistes de France 3 scandés tous les soirs sur les chaines publiques le rappellent avec force— est un préalable indispensable mais on ne peut pas s’en contenter.

De la prise de position assumée ou quelque fois dissimulée à la publicité revendiquée ou masquée il peut y avoir une distance mais aussi une confusion des genres dommageable pour la qualité de l’information. Nous essaierons donc de déterminer d’abord ce qu‘est le journalisme puis les tentations de la prise de la position et les éventuelles dérives liées aux conséquences.


2 commentaire:

Ravi que ce sujet te plaise.
En espérant que l'enquête sera la plus complète possible, tout en restant à la sauce étudiante ;)

by. Criticize Me

Bonsoir Criticize Me, sujet intéressant et effectivement cela soulève de nombreuses questions. J'ai repris le visuel afin d'illustrer un article traitant justement d'un cas de "corruption" journalistique si j'ose dire...

J'aimerais avoir votre avis. Car en effet, je fais allusion à une "information pure" puisque celle-ci est sans artifice, et traitée selon la seule objectivité du journaliste.

Je serai ravie de recueillir votre commentaire.

A bientôt!

http://wp.me/p18Xzk-5C

by. stephaniebarnier

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